1 août 2013


Août. Je passe l'été en ville, et je savoure tout ce que ça a de particulier. Les rues sont peuplées de jambes trop blanches chaussées de sandales dorées, de lunettes de soleil et de guides touristiques. Marcher jusqu'à la bibliothèque, et rejoindre l'attroupement qui attend sagement que les portes s'ouvrent sur le trottoir d'en face, à l'ombre. Il me semble que les arbres bordant le musée n'ont jamais été aussi verts, pointés vers le ciel bleu. La fontaine jette une bruine rafraichissante sur ceux qui passent assez près. On boit des bières en terrasse jusqu'à ce que le soleil disparaisse.

Pour fuir les fortes chaleurs, je monte dans un train qui file vers la campagne de mon enfance. Je suis toujours surprise par l'odeur du jardin qui me happe à peine le portail franchi, et le délice de vivre pieds nus, à vif, la peau contre le sol brûlant de la terrasse ou la fraîcheur du carrelage de la cuisine. Un soir, je trouve dans mon lit la petite peluche fade et fripée qui a été le compagnon de mes nuits, petite. C'est maman qui l'a déposé là après l'avoir croisé au détour d'un carton, et je n'ose pas dire tout haut à quel point je suis heureuse de ces retrouvailles. Gamineries. Plus de ton âge. Et tout ça.

Je lis Zweig ou plutôt Florence dans les mots de Zweig. Ça me rassure de découvrir que la cité des ciels dorés, pourtant si changeante, était déjà autrefois celle que je connais ; elle restera donc toujours ainsi, habitée par ces nuages qui ont le blanc paradisiaque dont sont vêtus les anges dans nos rêves.

Il y a aussi cette femme qui raconte sa vie construite entre les pages des livres, jamais mieux lus qu'au ras du sol. Subitement, je réalise que je suis comme ça, moi aussi. Je le découvre mais c'est comme si je l'avais toujours su. Assise en tailleur sur le parquet, un coussin sur les genoux, le menton dans la paume d'une main, et les signes noirs étalés sur la page blanche dévoilent leurs précieux secrets.

1 commentaire:

  1. Qu'il est doux de te retrouver.
    Retrouver les mots, ces petits bouts de toi qui me plaisent beaucoup.
    Lire en été. C'est ainsi que la lecture me va le mieux.

    Je t'embrasse*

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